Lithographie originale : Le Corbusier Dessins

Lithographie originale - Anonyme , 1952, 77 cm x 27 cm , condition : A
Imprimerie : Editions Forces Vives
prix : 100€-500€

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En 1900, Le Corbusier entame une formation de graveur-ciseleur à l'École d'art de La Chaux-de-Fonds, dans le Haut-Jura suisse (son père était horloger). Son professeur de dessin, Charles L'Eplattenier, l'oriente vers l'architecture en 1904 et le pousse à réaliser sa première villa à l'âge de dix-sept ans.

Dès 1909, il apprend la technique du béton armé en travaillant comme dessinateur chez l'architecte Auguste Perret, à Paris. En 1910, il est employé chez Peter Behrens, où il rencontre Ludwig Mies van der Rohe et Walter Gropius.

Le Corbusier évoque souvent son « voyage d'Orient », entrepris en mai 1911 alors qu'il se nommait encore Charles-Édouard Jeanneret : Prague, Vienne, Budapest, Istanbul, Athènes, et tout particulièrement son séjour au mont Athos, qui inspirera sa philosophie d'architecte, puis Pise et de nombreuses villes d'Italie chargées d'histoire et d'œuvres d'art. Durant ce voyage, il remplit six carnets de dessins qu'il réutilisera souvent pour illustrer ses écrits.

De retour à La Chaux-de-Fonds, il construit pour ses parents la villa Jeanneret-Perret (1912), dite Maison Blanche, ainsi que la villa Schwob, dite villa Turque.

1917–1929 : l'aventure du purisme, puis des « villas blanches »
Dès 1917, il ouvre un premier atelier d'architecture à Paris. Avec Amédée Ozenfant, il jette en 1918 les bases du purisme, courant contemporain du cubisme mais qui s'en démarque nettement. Il expose les principes de ce mouvement dans leur revue L'Esprit nouveau, où il publie de nombreux articles-manifestes sur l'homme moderne : « Les œuvres sont rendues lisibles par des formes simples et dépouillées, organisées en constructions ordonnées, génératrices d'harmonie. »

C'est au lancement de cette revue, en 1920, qu'il utilise pour la première fois son pseudonyme « Le Corbusier », adaptation du nom de son ancêtre maternel « Lecorbésier », d'origine albigeoise. Il continue cependant à signer certains articles de son vrai nom dans la même revue.

En 1922, il s'associe avec son cousin, l'architecte designer Pierre Jeanneret.

La décennie 1920-1930 le voit réaliser un ensemble remarquable de villas manifestes, construites ou non, où se formalisent les éléments de son langage architectural : la villa Ker-Ka-Ré (dite villa Besnus), à Vaucresson, livrée en 1923 ; l'atelier Ozenfant, à Paris, également livré en 1923 ; les ateliers Lipchitz-Miestchaninoff, livrés en 1925 à Boulogne-sur-Seine ; l'appartement Beistegui, construit en surélévation d'un immeuble des Champs-Élysées, livré en 1933 et depuis détruit ; et la villa Church, à Ville-d'Avray, terminée en 1929, également détruite.

Cette série culmine avec deux réalisations majeures : la villa Stein, dite « villa Les Terrasses », livrée vers 1929 à Garches, aujourd'hui remaniée et divisée en appartements ; et la villa Savoye (1929, Poissy), application littérale des « cinq points d'une architecture moderne », la plus remarquable de cette période, qui aura une influence considérable sur l'histoire de l'architecture.

On peut y ajouter, en 1925, le pavillon de l'Esprit nouveau, réalisé à l'occasion de l'Exposition internationale des Arts décoratifs à Paris.

Tout en pratiquant son métier d'architecte, il mène une réflexion théorique sur l'urbanisme à travers des projets qui suscitent de vives polémiques : il propose notamment de réurbaniser Paris en détruisant les habitations le long des quais et du centre (à l'exception des monuments historiques reconnus) pour y construire de vastes immeubles-tours. Il organise en 1928 le Congrès international d'architecture moderne (CIAM). L'année 1929 le voit également présenter une ligne de mobilier dessinée avec Charlotte Perriand.

1929–1944 : logements collectifs, bâtiments publics et urbanisme
À partir de la crise économique de 1929, Le Corbusier concentre sa réflexion théorique sur l'organisation de la concentration urbaine : aménagement du front de mer d'Alger en 1930, étude d'urbanisation de Rio de Janeiro… Ces projets seront fortement critiqués.

Il mène en parallèle plusieurs réalisations : la Cité de refuge de l'Armée du Salut (1929, Paris), le pavillon suisse de la Cité internationale universitaire de Paris (1930-1932), ou encore, en collaboration avec l'architecte brésilien Oscar Niemeyer, le ministère de l'Éducation nationale à Rio de Janeiro (1936-1943). Il fut membre du Faisceau de Georges Valois en 1926.

1945–1965 : l'après-guerre
De 1945 à 1952, Le Corbusier construit la Cité radieuse de Marseille, un immeuble d'habitation en forme de parallélépipède sur pilotis, innovation majeure dans la conception des résidences collectives. Il y applique ses principes pour une nouvelle forme de cité, un village vertical composé de 360 appartements en duplex distribués par des rues intérieures.

Édifiée entre 1945 et 1952 sur le boulevard Michelet à Marseille, près du stade Vélodrome, cette unité d'habitation est l'une des cinq construites par Le Corbusier au cours de sa carrière. Essentiellement composée de logements, elle comprend aussi, à mi-hauteur de ses dix-sept niveaux, des bureaux et divers commerces (épicerie, boulangerie, café, hôtel-restaurant, librairie…). Son toit-terrasse, ouvert au public, accueille une école maternelle, un gymnase, une piste d'athlétisme, une petite piscine et un auditorium en plein air.

La chapelle Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp est un autre exemple de réalisation conçue à l'aide du Modulor, système de mesure fondé sur le nombre d'or. En 1950, à 63 ans, Le Corbusier se lance dans la reconstruction de cette chapelle, en Franche-Comté, détruite par les bombardements de septembre 1944. C'était son premier projet de bâtiment cultuel, bien qu'il ait travaillé dès 1929 sur les plans de l'église de Tremblay-lès-Gonesse : « Je n'avais rien fait de religieux, mais quand je me suis trouvé devant ces quatre horizons, je n'ai pu hésiter. » Athée, il se disait descendant d'ancêtres cathares, d'où viendrait son pseudonyme. Il participera à l'édification de deux autres bâtiments cultuels : le couvent Sainte-Marie de la Tourette, à Éveux près de Lyon (1957-1959), et l'église Saint-Pierre de Firminy, près de Saint-Étienne, jamais achevée de son vivant et terminée seulement en 2006 par Jean Oubrerie, ancien collaborateur de son agence.

Il applique ses principes urbains et architecturaux à l'échelle d'une ville entière lorsque les autorités indiennes lui confient, dans les années 1950, le projet de Chandigarh, nouvelle capitale du Pendjab : il y dessine les bâtiments du complexe administratif (palais de Justice, palais du Capitole, Secrétariat, palais de l'Assemblée), faisant la synthèse entre les théories novatrices de ses débuts et l'usage de formes nouvelles.

En 1952, ce bâtisseur d'édifices gigantesques se fait construire, à Roquebrune-Cap-Martin, un cabanon de bois de 3,66 x 3,66 x 2,26 mètres, « sur un bout de rocher battu par les flots ».

Il meurt le 27 août 1965, à l'âge de 77 ans, au Cap-Martin, au cours d'une baignade en Méditerranée, où il est enterré.
Le Corbusier Dessins, Lithographie originale, 1952